Les erreurs à éviter au Poker

Le poker est un jeu de chance et de stratégies mais c’est aussi et surtout un jeu de nerfs à durée illimitée, au bout d’un certain temps, un joueur peut commettre des erreurs sans s’en rendre compte. Pour éviter que ces erreurs, la plupart du temps très préjudiciables, ne profitent aux adversaires, mieux vaut les connaître et apprendre à les éviter.

Le tilt

La première erreur à éviter est sûrement le « tilt ». Le tilt est un état du joueur lorsqu’il perd la boule dans le sens figuré du terme. Après avoir accusé un coup important, il est galvanisé et veut se rattraper, se refaire, par tous les moyens possibles. Il perd son sang-froid et mise sans prendre compte des probabilités de perte sur une main. Il risque à nouveau de perdre beaucoup en jouant de la sorte.

Le tilt peut aussi arriver à un joueur qui se croit invulnérable suite à une série de mains gagnantes. Il attaque sans se méfier des probabilités de perte et peut perdre beaucoup sur une main qu’il aurait dû abandonner au premier coup d’œil s’il avait été dans un état plus serein. Selon Wes Young, les variations de la chance peuvent être moins douloureuses, le cas de la victoire de l’Underdog (joueur ayant le plus de jetons sur la table), par exemple, si on garde un concept objectif et rationnel sur la vision du jeu.

La solution serait de savoir se coucher au bon moment, que ce soit avant le flop ou à la river, et ne pas regretter sa décision. Dans le cas premier cas : on vient de se faire délester d’une somme plus ou moins importante alors que la main était bonne, il faut s’accorder le temps de récupérer. Les chances de gain sur le jeu suivant sont égales si la main est bonne mais la nervosité, résultat du jeu précédent, trahi le joueur et compromet son assurance de jeu. Selon les joueurs invétérés du poker, le tilt est la détérioration du jeu initial d’un joueur pouvant être le résultat d’une suite consécutive de Bad Beats.

On distingue le tilt large : excès de mains jouées suite à une impossibilité de coucher ses mains, même mauvaises, et à un fort désir de participer à l’action, les pertes encourues sont conséquentes le tilt passif se traduisant par un manque de confiance au jeu que l’on possède, on se contente donc de suivre mais on ne relance jamais, le jeu ne se développera pas et subira les attaques des autres joueurs. Le tilt stéréotypé est surtout distingué chez les joueurs qui relancent à tout bout de champ, appliquant la règle générale mais ne jouant pas en fonction de l’adversaire. Il y a aussi le tilt serré qui est caractérisé par un joueur au style stagnant, sa présence sur la table est justifiée par sa présence et non par son activité il se couche souvent sur des mains gagnantes et relance sur des mains à faible probabilités.

Le perdant passif

Le perdant passif a le jeu le plus bizarre qui soit. Ses motifs restent inconnus mais il fait le contraire de ce qui est conseillé : il paye lorsqu’il a un jeu pauvre et relance moyennement quand son jeu est fort. Son adversaire pourra le battre à l’usure, les stratégies compliquées sont superflues face à un joueur pareil.

Eviter de rester passif à la table, le joueur passif ne peut gagner que s’il a une main gagnante et ça arrive très rarement car il peut se coucher sous la pression d’un joueur plus agressif. Le joueur agressif peut en effet gagner même avec une main moyenne. Ses relances font peur au joueur passif qui préfère se coucher que d’assumer sa main gagnante jusqu’au bout. Il faut aussi savoir alterner les folds avec les jeux agressifs pour augmenter les pots ou pour chasser les autres joueurs. Etre agressif ne signifie pas pourtant être maniaque à la table c’est une erreur que la plupart des débutants font souvent.

Le jeu fantaisiste

Il y a enfin le syndrome du jeu fantaisiste (Fancy Playing Syndrome en anglais) qui atteint surtout les joueurs qui font trop de zèle ou qui ont trop confiance en eux ils sont beaucoup productifs et ont un jeu bien huilé mais ils se prennent facilement dans leurs propres jeux. Une fois détecté, le joueur fantaisiste perd ses moyens et va d’erreur en erreur. D’un autre côté, le joueur qui a le plus gros stack risque de se sentir surpuissant, il peut se dire qu’il va acheter tous les pots même avec une main de mort (A8 au bouton) ! C’est une mauvaise idée car s’il tombe sur un adversaire qui a une meilleure main (paire en main, heads up…), il va se faire plumer.

Il faut savoir se coucher de temps à autre même en présence d’une bonne main du genre paire de roi c’est pour se calmer, laisser retomber le pic d’adrénaline obtenu après les mains gagnantes. Ce n’est pas une preuve de lâcheté ni de crainte, juste le prix psychologique à payer pour durer plus longtemps à table. La nécessité d’être sélectif oblige le bon joueur de poker à observer le jeu de ses adversaires, sa position à la table lors d’un tour, si tout le monde suit, les relances et, surtout, son jeu personnel. Cette nécessité apprend au joueur à faire le choix difficile de se coucher, ce réflexe est souvent salvateur !

Jouer trop de mains

Jouer trop de mains peu conduire à une catastrophe. Si un joueur persiste à payer alors qu’il a une « poubelle » (cartes basses dépareillées, mauvais kicker) en main, il ne fera pas long feu ! Même en jouant avec les meilleures mains, un joueur peut faire preuve d’impatience et déraper dans son jeu, il sera la proie d’un joueur agressif ou du premier bluffeur à sa table. En jouant toutes les mains, il peut parier gros à la mauvaise en pensant avoir la meilleure main avant le flop, il pourrait perdre gros en ayant une paire naturelle faible devant une paire élevée sortie au flop. Il faut donc avoir de la patience et étudier les possibilités de combinaison possibles.

Bluffer trop souvent

Bluffer est un bon moyen de gagner. A un moment du jeu, le bluff peut rapporter gros, surtout lorsqu’on adopte une stratégie offensive avec des cartes sans valeur. Le bluff total est le jeu agressif avec la main la plus faible de la table et sans grande chance d’amélioration. Le semi-bluff, quant à lui, est la relance sur une main faible mais avec des possibilités d’amélioration forte au flop, au tournant et à la rivière. Bluffer est l’art de cacher son jeu. Il faut donc montrer le moins de signes extérieurs possible au bluff et faire croire que son jeu est bon. Des signes trompeurs pourraient coûter très chers, surtout si un adversaire, ayant remarqué un changement d’attitude, relance le bluffeur avec une main moyenne ce dernier sera victime d’un « nice call ».

Il faut aussi éviter de bluffer trop souvent, un jeu fort continuel est impossible et tous les joueurs le sauront tôt ou tard si on insiste. Pour éviter cela, il ne faut pas toujours bluffer les mêmes joueurs, ne pas batailler les petits pots sans importance et montrer de la fermeté quand il faut passer la main ou quand il faut se coucher les bluffs seront alors plus crédibles. Le bluff est le moyen le plus sûr de garder ses adversaires dans l’incertitude. Un joueur réputé pour être bluffeur recevra moins de relances s’il sait bien utiliser son art car il sera impossible de savoir s’il a de bonnes ou de mauvaises cartes. La fréquence des bluffs détermine leur efficacité il faut trouver l’équilibre et savoir bluffer au bon moment. Bluffer contre un joueur persistant et répondant aux relances jusqu’à la fin s’avère être un jeu dangereux, il faut maintenir l’adversaire dans l’attente et attendre le bon moment.

Se laisser manger par les blinds

Il ne faut pas non plus se laisser manger par les blinds. Ils augmentent régulièrement en tournoi et cela va influencer la partie. Les mises ne pouvant pas être inférieures au grand blind, le joueur passif verra son pactole diminuer à vue d’œil. Les petits tapis feront all in pour suivre à un moment donné et les joueurs jusque-là calmes et posés deviendront agressifs pour rester dans la partie.

Se frotter trop souvent aux gros tapis peut être très lucratif, mais on regrette plus souvent que l’on ne gagne. Comme le but est de ramasser le maximum plutôt que de se faire éjecter de la table, et par la même occasion, se faire dépouiller de ses gains, il faut être vigilant et attendre la meilleure main possible avant de s’attaquer aux gros tapis. En effet, le gros tapis va à deux sens : les espérances de gains sont élevés, il est plus facile de mettre la pression sur les tapis plus faibles donc ils peuvent être battus à tout moment, il donne une marge de manœuvre plus importante et donc, même en cas de perte sur une main, permet de se refaire très rapidement. Dans un autre sens, si le joueur au gros tapis se fait étaler par la banque ou par un joueur plus faible, la gouffre psychologique sera énorme, il pourrait aussi pêcher par excès de confiance et se croire au-dessus d’une défaite probable. Dans tous les cas, le gros tapis est souvent sujet aux tilts et donc plus facile à abattre qu’il n’y parait.


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